Le smart building : coupler performance énergétique et performance de confort

L’intelligence artificielle doit rester un outil au service des usagers du bâtiment

Rémi Visière, Directeur Recherche Développement & Innovation de GA Smart Building

  « Les données numériques constituent le « quatrième fluide » du bâtiment »

photo de Jean Darrieux

En quoi l’intelligence artificielle est-elle une opportunité à saisir pour asseoir la performance énergétique du bâtiment ?

En permettant d’intégrer le fonctionnement d’un immeuble, les habitudes de ses occupants et les données climatiques, elle offre un contrôle optimisé des diverses fonctionnalités consommant de l’énergie sur un site. Par exemple, Agua, le siège social de GA Smart Building, à Toulouse, est doté d’un plancher actif qui présente un long cycle de fonctionnement pour la montée et la descente en température. Cela implique une régulation dotée d’une grande capacité d’anticipation. Le machine learning s’avère efficace face à cette contrainte. Pour autant, il ne faut pas s’en tenir – comme on le voit souvent – aux seules prouesses technologiques de l’intelligence artificielle. En effet, celle-ci permet d’atteindre une grande autonomie du bâtiment, mais doit avant tout apporter à l’usager des informations pour l’accompagner au quotidien. Le smart building doit donc élargir la notion de performance énergétique à celle de performance de confort.

Qu’entendez-vous par là ?

Il s’agit de faciliter la vie des différents usagers du bâtiment. L’utilisateur final aura des attentes concernant le confort de son espace de vie ou de travail. Cela peut être en termes thermiques, d’éclairage, de qualité de l’air, de fonctionnement des équipements, etc. A compter de 2019, nous attesterons de ce confort en faisant labéliser nos bâtiments tertiaires selon les référentiels Well Building Standard et OzmoZ. Autre type d’usager, le propriétaire du bâtiment disposera de données en temps réel et au long cours pour optimiser l’exploitation de son bien. Il sera, par exemple, en mesure de négocier ses contrats d’énergie ou d’assurer un suivi fin d’un éventuel contrat de performance énergétique. Désormais, les données numériques traitées s’avèrent si utiles qu’elles constituent un « quatrième fluide » au sein du bâtiment. Un fluide, dont il faut garantir la disponibilité aux usagers.

Comment s’assurer d’une telle disponibilité ?

Cela suppose une infrastructure numérique – software et hardware – robuste et bien pensée. J’entends par là qu’il n’est pas nécessaire de démultiplier les capteurs à l’infini, avant de s’être posé la question de l’utilisation réellement faite des informations collectées. Naturellement, cela n’empêche pas que l’infrastructure soit ouverte, grâce à des produits standards et interopérables, afin de pouvoir implémenter par la suite des services à la volée. La mise à disposition des informations est ainsi garantie dans la durée. Cette stratégie « quatrième fluide » s’inscrit dans le référentiel « Ready2Services » de la Smart Building Alliance et préfigure la future directive européenne en matière de normalisation numérique du bâtiment.

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