IoT: les objets connectés au service de l’intelligence collective

Au bureau comme à la maison, les services s’adaptent aux usagers grâce à l’Intelligence Artificielle

Jean-Marc Vauguier,
cofondateur de Z#BRE
spécialisé dans l’Internet des Objets.

  « Les services intelligents déployés par l’IoT s’adressent d’abord aux usagers »

Quelle différence faites-vous entre un service intelligent et un bâtiment intelligent ?

Je suis convaincu qu’on ne peut pas continuer à connecter la planète sans changer radicalement les comportements de consommation et les business models des entreprises. Les individus qui sont dans les bâtiments, résidentiels ou tertiaires, sont des consommateurs de services, tout comme ils le sont en dehors, dans la rue, dans leurs voitures … Ils s’attendent à ce que les services soient accessibles et s’adaptent à l’espace dans lequel ils se trouvent. Ce sont donc les services qui, avant tout, doivent devenir intelligent et le bâtiment doit y contribuer.

L’objectif d’un service intelligent dans un bâtiment est de servir au plus près les besoins exprimés par les occupants. Pour cela les prestataires de services doivent s’emparer des technologies qui permettent d’anticiper, de mieux répondre et délivrer les services attendus. Prenons l’exemple des espaces de travail qui subissent 2 influences, le cout du m2 et la transformation des usages. Celui qui délivre l’expérience à l’occupant des lieux (Disponibilité des espaces, la qualité de l’air ou le niveau de bruit) doit disposer de technologies ad’hoc s’il souhaite que son service soit maîtrisé et à la hauteur des attentes. Pour cela, nous disposons aujourd’hui d’un ensemble de technologies, comme les objets connectés, les réseaux de communication et les plateformes cloud. Depuis quelques année l’Intelligence Artificielle, dont la forme la plus accessible est le machine learning permet de rendre ces services beaucoup plus intelligents. En répartissant ces nouvelles formes d’Intelligence dans chaque composant technologique, les prestataires de services qui disposeront de ces technologies délivreront des services particulièrement adaptés et plus pertinents. C’est pourquoi nous avons investi depuis plusieurs années afin de rendre les objets et les architectures intelligentes au plus grand bien, nous l’espérons, des prestataires et des occupants des lieux.

Comment s’imbriquent ces capteurs intelligents dans les bâtiments ?

Très simplement et avec un minimum d’adhérence aux infrastructures existante car ils doivent s’adapter à l’usage pour éviter les paramétrages fastidieux et une consommation énergétique inutile. Ces capteurs, que nous préférons appeler des objets intelligents, doivent être centrés sur le service, ils sont proches de celui qui consomme le service, de l’usager. Ces technologies deviennent très efficientes quand l’intelligence est à chaque « étage de la fusée »En 1 er, le capteur qui pour devenir intelligent doivent être autonomes et autoapprenants. Il analyse son environnement et son usage. Comme il n’a pas d’adhérence aux bâtiments il est en capacité de se reconfigurer autant que nécessaire. Lorsqu’il est déplacé il se reconfigure au nouvel espace et au nouvel usage. L’historique de données est conservé dans notre plateforme et attaché à l’espace et non à l’objet. Tous ces objets doivent bénéficier de passerelles de communication dans lesquels il faut y « glisser » de l’intelligence pour créer une véritable intelligence collective des capteurs disséminés dans le bâtiment, auxquels s’ajoutent bien entendu une plateforme cloud.

Quelles peuvent-être les domaines d’applications de ces objets connectés intelligents ?

Les applications sont multiples tant dans le tertiaire que le résidentiel. Par exemple, au Danemark, notre technologie est installée dans 300 bâtiments afin de créer un système de badges autoapprenants et totalement autonome. Dans le Loiret, nous avons déployé 10.000 objets connectés intelligents au sein de 10.000 maisons habitées par des personnes âgées en situation de dépendance. Il s’agit de tracer l’intervention de 90 prestataires de services afin d’adapter la facturation en conséquence. Résultat, le département est passé de 40 M€ par an de dépenses à environ 36 M€. Le retour sur investissement a été immédiat, car l’information captée chez les résidents était comparée aussitôt aux données des prestataires avant l’émission de la facture. Ce système a permis, en outre, de générer des alertes auprès des familles et de les rassurer sur le bon déroulement des prestations dont bénéficient leurs parents.

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