Supervision, Des outils optimisés et des solutions qui restent à inventer

Biogaz : un rendement directement impacté par la conduite du process

Supervision : des outils optimisés et des solutions qui restent à inventer

Comme tout process industriel, la méthanisation fait l’objet de toutes les attentions pour améliorer ses rendements. Pour autant, la nature biologique de son fonctionnement rend complexe toute démarche d’optimisation. Heureusement, la filière française dispose désormais de retours d’expériences de près de dix ans. A ce sujet, l’ADEME a publié, en 2014, une étude sur le suivi dans la durée de onze unités de méthanisation de toute nature (agricole, centralisée, industrielle ou STEP). Le document dresse une série d’indicateurs techniques, environnementaux, économiques et sociaux qui permettent de comparer les performances de ces installations.

« L’étude a permis de confirmer que les unités étudiées sont globalement en bon état de fonctionnement, mais que leurs performances présentent des marges de progression concernant le processus de méthanisation, résume Guillaume Bastide, Ingénieur chargé de la méthanisation à l’ADEME. »

Parmi les facteurs qui expliquent le manque de rendement, pointe notamment la conduite du process. Si l’instrumentation de métrologie est généralement satisfaisante, elle reste souvent sous-exploitée, en lien avec des personnels peu formés, voire peu sensibilisés à l’intérêt des paramètres mesurés. Un biais qui souligne tout l’intérêt des solutions de supervision automatique. « Au cours des Journées Recherche Innovation « biogaz méthanisation », qui se sont tenues à Beauvais en avril dernier, des sociétés ont notamment présenté des solutions innovantes concernant les capteurs et les méthodes d’analyse biologique, évoque Guillaume Bastide. Les améliorations sont constantes : des outils ont été optimisés et il y a des solutions qui restent à inventer… »

Paroles de pro : « Sensibilisation et accompagnement »

« Quelle que soit la taille des installations biogaz, tous leurs exploitants rencontrent un jour des problématiques de supervision, observe Alexandre Charreton, Ingénieur des Systèmes Automatisés chez CH4Process. Il existe bien de « bonnes pratiques » dans l’industrie, mais elles ne sont pas toujours appliquées dans la méthanisation. Il y a donc un enjeu fort concernant la sensibilisation et l’accompagnement de la filière sur ce sujet. »