Smart building : vers l’émergence d’un label

Valoriser la connectivité du bâtiment avec la ville

Le bâtiment représente 40 % des consommations énergétiques et 25 % des émissions de gaz à effet de serre. Un meilleur pilotage du secteur constitue donc un sérieux levier d’action pour améliorer le cadre de vie urbain. C’est le credo de la Smart Buildings Alliance for Smart Cities (SBA). A travers un manifeste, publié en mars dernier, l’association – qui fédère 170 acteurs représentant tous les corps de métiers liés au bâtiment et à la smart city – œuvre notamment pour l’émergence du référentiel « Ready2Services ». L’idée est de mettre en place une labellisation qui reconnaît et valorise la connectivité du bâtiment avec les plateformes de services externes et in fine la ville. La SBA a engagé ce travail avec Certivéa et une première version du label devrait voir le jour d’ici la fin de l’année.

Autre cheval de bataille de la SBA : tordre le cou aux idées reçues, auxquelles se heurte le smart building. Par exemple, celui-ci serait trop cher et les systèmes pas assez interopérables. Autant d’écueils évités grâce à la mutualisation des infrastructures et des équipements, ainsi que la convergence vers des protocoles de communication ouverts et partagés pour éviter les redondances. Au-delà de l’investissement initial, le smart building permet de maîtriser les coûts d’exploitation (soit 75 % du coût du bâtiment sur son cycle de vie).

Toujours au rang des idées reçues, une enquête menée par le Moniteur en 2015, au sujet des freins à la transition numérique du bâtiment, soulignait la difficulté pour la filière à évaluer le retour sur investissement lié au numérique. Or, si le secteur du bâtiment semble en partie rétif à l’adoption de nouveaux outils, la SBA rappelle que le smart building ne s’appuie pas sur des technologies de rupture, mais sur des solutions éprouvées et standardisées.

Paroles de pro : « Une appétence pour le bâtiment intelligent » 

« En attendant le label « Ready2Services », de nombreux maîtres d’ouvrage ont déjà démontré une appétence pour le bâtiment intelligent, et non des moindres, puisque certains gèrent des millions de mètres carrés, observe Serge Le Men, Président de Newron System et Vice-Président de la SBA. Notre société a ainsi installé des solutions smart building dans des tours de La Défense qui occupent jusqu’à 125 000 m2.