Réseaux de chaleur : les Français deux fois moins desservis que leurs voisins européens

Réseaux de chaleur : les Français deux fois moins desservis que leurs voisins européens

La biomasse, une énergie à mobiliser sur un marché qui reste à développer

À l’heure actuelle, les réseaux de chaleur demeurent relativement peu mobilisés en France. Selon les estimations du Syndicat national des réseaux de chaleur (SNCU), seuls 6 % du parc immobilier résidentiel et tertiaire français – soit 3 millions de personnes desservies – sont connectés à de tels équipements. À l’échelle européenne, c’est deux fois plus avec 13 %. Toujours est-il que le potentiel de développement de la filière est important, comme le souligne une étude initiée par le SNCU.

Celle-ci fait, par exemple, ressortir qu’en Île-de-France, la chaleur distribuée via des réseaux – existants ou à créer – pourrait être doublée, par rapport à 2012, soit une augmentation de 13 000 millions de kWh. En Aquitaine, avec une augmentation potentielle de 5 300 millions de kWh, le facteur de croissance est de… 38 !

Une volonté manifeste des collectivités locales

Concernant la création de réseaux de chaleur ou le maillage d’équipements existants, il y a des signes encourageants. « Jusqu’à récemment, il n’y avait pas d’aides en termes de raccordements supplémentaires, mais la donne a changé, observe Bruno de Monclin, Président du CIBE. Certaines collectivités locales affichent également une volonté manifeste d’étendre leurs réseaux de chaleur, en conditionnant la délivrance de permis de construire au raccordement du futur bâtiment au réseau se trouvant à proximité. »

De quoi créer de nouveaux débouchés pour la biomasse ? En tout cas, celle-ci a de sérieux atouts dans sa manche, en pouvant notamment contribuer à une TVA à taux réduit pour l’usager final d’un réseau (possible si ce dernier est alimenté par au moins 50 % d’énergies renouvelables et de récupération).

Des canalisations qui se plient littéralement aux contraintes budgétaires

La création d’un réseau de chaleur représente un investissement important, sans compter qu’il n’est jamais évident de gérer un chantier dans un espace urbanisé. En cela, les canalisations en plastique pré-isolées apportent des solutions. « En étant flexibles, ces conduites permettent de réduire les coûts de génie civil, explique Régis Bailot, Directeur commercial « France » de Microflex. Par rapport à des conduites en acier, il y aura donc un gain financier important. »