PPE : l’injection au rendez-vous des « objectifs 2018 »

PPE : l’injection au rendez-vous des « objectifs 2018 »

Propos recueillis auprès de
Mr Michel Spillemaecker
Président
Club Biogaz

L’essor du biogaz implique la montée en compétence de la filière

Depuis deux ans, l’injection de biométhane a redistribué les cartes dans la filière biogaz. L’intérêt pour ce débouché s’explique particulièrement par son rendement énergétique élevé, puisqu’il dépasse 90 %, quand la cogénération atteint 75 %, dans le cas d’une valorisation optimale de la chaleur. Rien d’étonnant donc à ce que l’injection soit au rendez-vous des « objectifs 2018 » de la PPE (programmation pluriannuelle de l’énergie).

« Fin octobre, l’injection concernait 27 sites agricoles, 4 sites de traitement de déchets urbains, 7 stations d’épuration et 2 installations de stockage de déchets non dangereux, relève Michel Spillemaecker, Président du Club Biogaz. Entre ces installations et les mises en service programmées fin 2017, l’injection totalise aujourd’hui 3,5 TWh. Une puissance à mettre en perspective avec les objectifs avancés par la PPE : 1,7 TWh en 2018 et 8 TWh en 2023.
A l’horizon 2030, l’idée est de tendre vers 70 à 80 TWh. ».

Cet objectif peut être atteint sans recourir à des cultures énergétiques dédiées. En effet, les résidus de cultures, les effluents d’élevage et les cultures intermédiaires constituent d’importants gisements, loin d’être pleinement mobilisés. Leur valorisation suppose cependant la mise en service de nouveaux méthaniseurs, à travers le territoire.

Un déploiement qui soulève la question de l’acceptabilité des projets. « La filière prend cette problématique à bras-le-corps, notamment en déployant des outils qui visent à faire monter toute la chaîne biogaz en compétence, annonce Michel Spillemaecker. Dans cette optique, plusieurs actions sont prévues en 2018. En premier lieu, une labellisation de type « OPQIBI RGE » de l’Assistance à maîtrise d’ouvrage et de la Maîtrise d’œuvre. D’autres métiers seront certainement abordés par cette montée en compétence, en fonction des interactions et des besoins relevés. Ensuite, il y a la formation spécifique à la méthanisation, depuis la conception jusqu’à l’exploitation, aussi bien en formation initiale que continue. Enfin, il y a la coordination à renforcer sur le plan des actions de développement des techniques et des technologies propres à la filière française. »