La valorisation des déchets dans les réseaux de chaleur

La récupération de chaleur produite par l’incinération des déchets dans les réseaux de chaleur* permet de valoriser une ressource qui serait autrement perdue. Ainsi, les déchets issus de sept familles peuvent assurer le chauffage et l’eau chaude sanitaire d’un ménage sur une année. Le recours à cette technologie améliore la compétitivité des réseaux de chaleur et stabilise le coût de la chaleur pour les usagers. Cela contribue en outre à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et au développement d’une économie circulaire, créatrice d’emplois locaux. A l’heure de la transition énergétique, la valorisation des déchets dans les réseaux de chaleur est donc plus que jamais une solution pertinente.
L’incinération des déchets apporte 25% de toute l’énergie distribuée par les réseaux de chaleur français
(source : enquête 2014 sur les réseaux de chaleur et de froid, SNCU). C’est la première énergie renouvelable et de récupération (EnR&R) utilisée par les réseaux. Ceux-ci sont capables de valoriser et de combiner d’autres ressources énergétiques disponibles localement : la géothermie, le bois,  le biogaz, la chaleur de récupération des eaux usées, des process industriels, des datacenters… L’ensemble des EnR&R représentent aujourd’hui 40 % des énergies utilisées par les réseaux de chaleur, soit une croissance de plus de 50 % en neuf ans (source : enquêtes annuelles sur les réseaux de chaleur et de froid, SNCU).
Le potentiel de développement des réseaux de chaleur est considérable : les livraisons de chaleur pourraient être multipliées par six à l’échelle de la France métropolitaine**. Le projet de loi relatif à la transition énergétique a pris en compte cet énorme potentiel en fixant un objectif de quintuplement des livraisons de chaleur renouvelable et de récupération par les réseaux de chaleur à l’horizon 2030. Dans ce contexte, la valorisation des déchets continuera de jouer un rôle majeur. En améliorant la performance énergétique des sites existants, c’est-à-dire sans brûler une tonne de déchets en plus, la production de chaleur issue de l’incinération pourrait doubler d’ici 2025, soit 7 TWh thermiques supplémentaires. L’une des pistes pour y parvenir est le raccordement à un réseau de chaleur de sites d’incinération ne valorisant pas actuellement la chaleur produite, ce qui améliorera le rendement énergétique global de ces installations et permettra de faire bénéficier plus d’usagers de la fourniture d’une chaleur au meilleur coût.

La FEDENE, acteur majeur de l’efficacité énergétique est composé de 6 syndicats professionnels dont le SNCU – la fédération des opérateurs d’efficacité énergétique et de chaleur renouvelable et le SVDU – Le Syndicat National du Traitement et de la Valorisation des Déchets Urbains et Assimilés

 

* Un réseau de chaleur est un ensemble constitué d’une centrale de production de chaleur, d’un réseau primaire de canalisations, empruntant le domaine public ou privé, transportant de la chaleur sous forme d’eau chaude ou de vapeur, et aboutissant à plusieurs bâtiments ou sites. Les réseaux sont majoritairement situés dans les grands centres urbains et alimentent presque exclusivement des bâtiments résidentiels et tertiaires (95%).