Êtat des lieux de la filière

La géothermie, une énergie qui ne demande qu’à sortir de terre !

Les deuxièmes Journées de la Géothermie se dérouleront les 14 et 15 novembre prochains, à la Cité des sciences de la Villette à Paris, sous l’égide de l’AFPG (Association Française des Professionnels de la Géothermie). À cette occasion, l’association présentera son étude sur l’état et l’évolution des 3 filières de la géothermie, en France : la haute énergie pour la production d’électricité, l’usage direct de la chaleur pour alimenter des réseaux de chauffage/climatisation et la géothermie assistée par pompe à chaleur. En attendant la restitution de l’étude complète, Christian Boissavy, Président de l’AFPG, nous livre son regard sur la géothermie, cette énergie qui ne demande qu’à sortir de terre.
« La filière de la haute énergie est encore modeste en France et, au-delà des projets de Bouillante et de Soultz-sous-Forêts, il a été difficile de faire émerger de nouvelles opérations, telles que les dizaines de centrales géothermiques basse énergie crées dans le bassin parisien, durant les années 1980. Pourtant, depuis peu, on sent des signaux encourageants : de nouveaux acteurs apparaissent, d’anciens se renforcent, les pouvoirs publics s’activent, des demandes de permis exclusifs de recherche se multiplient, etc. L’AFPG participe à cette dynamique en s’impliquant notamment dans la mise en place d’une garantie du risque géothermique et d’outils d’aide à l’export.
Pour la géothermie à usage direct, l’évolution est surtout liée à des avancées technologiques, même si le Fonds Chaleur de l’ADEME a aussi soutenu la reprise de cette filière, depuis 3 ans. Les pistes envisagées sont de plusieurs ordres : la conception de nouvelles techniques pour les doublets géothermiques, le passage du doublet au triplet sur des installations existantes, la réalisation de forages d’expérimentation dans de nouvelles nappes – Albien, Néocomien, Lusithanien… – ou encore l’approfondissement des connaissances sur le fonctionnement du stockage/déstockage de chaleur.
Enfin, la géothermie assistée par PAC est le domaine qui se développe le plus rapidement actuellement. Cependant, cet essor reste étroitement lié au cadre réglementaire. Les professionnels de la filière ont notamment milité pour sortir la géothermie dite de minime importance – inférieure à 100 m – de la réglementation du Code minier. À ce sujet, la loi Warsmann, votée en février dernier, prévoyait une simplification des procédures, mais le décret d’application est toujours en attente
(voir l’avis du SFEG sur la question, ci-dessous). Enfin, des travaux sont en cours autour de la RT 2012 pour permettre une meilleure valorisation des PAC géothermiques qui devraient pouvoir être prises en compte, au même titre que les autres solutions en énergie renouvelable. Par ailleurs, sur le plan des solutions technologiques, la filière pourrait évoluer vers le forage « profond » à plus de 600 m ou vers le développement, dans le secteur tertiaire, de nouvelles sources de captages, sur eaux usées, par exemple.
Pour aller plus loin sur le sujet, les Journées de la Géothermie s’articuleront autour de deux parcours de conférences, organisés en parallèle : l’un destiné aux professionnels de la géothermie pour les informer des récentes évolutions des filières, le second s’adressera aux porteurs de projet et aux prescripteurs pour leur prouver que la géothermie est une solution tout aussi pertinente que les autres énergies renouvelables. Pour en savoir davantage, il est possible de consulter le programme complet des Journées sur notre site www.afpg.asso.fr 
».

« Après deux ans de discussions, le SFEG espère une entrée en vigueur rapide du décret simplifiant la réalisation de forages au-delà de 100 m »

Portées par l’activité liée à l’expansion de la géothermie assistée par PAC, les entreprises de forage préparent l’avenir autour de deux dispositions : l’assouplissement du Code minier et la qualification des professionnels.
« Cela fait maintenant deux ans que nous œuvrons pour la parution du décret permettant des forages au-delà de 100 m de profondeur, sur simple déclaration et non plus après une demande d’autorisation, expose Éric Garroustet, Président du Syndicat national des entrepreneurs de puits et de forages pour l’eau et la géothermie. En effet, les délais d’instruction en vue d’une telle autorisation sont très longs et découragent bon nombre de maîtres d’ouvrage potentiels. Un projet de décret changeant la donne a fait l’objet d’un consensus au sein de la profession. Il était même censé être soumis à une consultation publique, au printemps dernier, mais les élections ont retardé le processus. Nous espérons à présent que cette étape, devant durer deux mois, puisse être franchie à la fin de l’année, pour une entrée en vigueur rapide.
La nouvelle disposition permettrait le développement de la géothermie sur nappe, en injectant plus de souplesse pour exploiter des aquifères en profondeur. L’impact serait également positif pour les champs de sondes, car un forage à 200 m est plus rentable à réaliser que deux limités à 100 m et permet, de plus, de réduire l’emprise de l’installation en surface.
Les bruits de couloir font état d’une limite qui pourrait être portée autour de 200 m, une valeur qui ne supposerait pas l’utilisation de matériels spécifiques. Les foreurs ont en effet l’habitude de creuser profondément pour mettre en place des systèmes d’irrigation agricole, par exemple. Au-delà de ce constat, précisons que la profession doit poursuivre son effort de formation, d’autant que la qualification Qualiforage sera obligatoire, à l’horizon 2015, pour forer au-delà de 10 m. C’est une excellente nouvelle pour la filière 
».