k-revert Digestat : des solutions pour en réduire les quantités

Trop souvent sous-estimée, la gestion du stockage de digestat constitue pourtant une composante essentielle d’un projet de méthanisation. « Avec une valorisation de ce sous-produit via un épandage, la question du surinvestissement induit par la construction d’immenses réservoirs de stockage doit être posée, souligne Lionel Le Maux, Président de Biogaz Vallée, le cluster français de la méthanisation. À cela s’ajoutent les charges et contraintes d’exploitation liées à la gestion du plan d’épandage. C’est pourquoi, la réduction des volumes de digestat est généralement une piste à privilégier. » 

Outre des conditions de stockage améliorées, un tel traitement permet également de faciliter le transport et l’épandage. En séparant les divers fertilisants présents dans le digestat (azote, potasse, phosphate), il permet aussi d’améliorer l’amendement des terres agricoles. 

Concrètement, la réduction des volumes repose sur la séparation des phases solides et liquides. Rien d’étonnant quand on sait que le digestat est composé de 80 à 90 % d’eau. « Plusieurs technologies sont disponibles pour traiter le digestat, explique Julien Brochier, Responsable commercial de K-Révert : l’évapo-concentration, le filtre membranaire – avec filtration et osmose inverse –, le stripping, etc. » Selon la composition du digestat, l’une ou l’autre solution est à privilégier, en sachant qu’il est aussi possible de les combiner. 

Des coûts à optimiser 

« L’osmose inverse est déjà utilisée dans le traitement des eaux usées, précise Lionel Le Maux. Dans la mesure où ce procédé n’a pas encore été véritablement industrialisé pour la méthanisation, son coût pourrait être optimisé. Il s’agit là d’un aspect qui pourra être testé au sein du démonstrateur initié par notre cluster. » Porté par des fonds publics et privés, ce site-pilote est en cours de développement dans l’Aube. Il aura notamment vocation à expérimenter des schémas d’alimentation multi-intrants, des process et des matériels. « À notre sens, il est important de pouvoir développer des réponses industrielles dédiées à la méthanisation, tout en réduisant leurs coûts, conclut Lionel Le Maux. » C’est vrai pour la méthanisation en général, et pour le traitement du digestat en particulier.