Gestion des transports intelligents

Christophe Duprat,
vice-président de Bordeaux Métropole
chargé des Transports et du Stationnement

Quels sont les moyens innovants mis en place par Bordeaux Métropole pour la gestion de la fluidité de son trafic routier ?

Je citerai en premier lieu GERTRUDE (pour Gestion Electronique de Régulation en Temps Réel pour l’Urbanisme, les Déplacements et l’Environnement) qui a été inventée à Bordeaux il y a maintenant plus de quarante ans. C’est le premier système français « intelligent » de gestion des flux de circulation : il permet de compter le nombre de véhicules présents sur différents axes de la ville et d’adapter, en temps réel, le cycle des feux de trafic. A Bordeaux, GERTRUDE est également en capacité de donner la priorité aux transports en commun grâce à une liaison avec le « Système d’Aide à l’Exploitation » des bus : ce système est déployé à une très grande échelle, probablement unique en France. 800 carrefours sont en effet concernés, au-delà du tramway qui a son propre système de priorité. Par ailleurs, GERTRUDE est également en mesure d’agréger les données open data des différents acteurs de la mobilité urbaine pour générer des synthèses et des alarmes à l’attention des exploitants…

Dans un autre registre Bordeaux Métropole est la première grande agglomération à avoir engagé, avec l’appui du Cerema, un programme volontariste de suppression des carrefours à feux. Plus de 40 carrefours équipés de feux inutiles ont été ainsi réaménagés et retraités, avec un gain en fluidité pour tous les usagers, qu’il s’agisse des automobilistes, des transports en commun, des deux roues ou même des piétons. Bordeaux est aussi la première agglomération à tester, pendant deux mois, la réservation d’un pont de centre-ville – le pont de pierre – aux modes doux et aux transports en commun, excluant la circulation automobile. Un bilan général de cette expérience sera dressé à la fin du mois de septembre. Enfin, nous pouvons citer différentes initiatives comme l’ouverture d’une voie de bus aux véhicules qui pratiquent le covoiturage dans le secteur de l’aéroport, particulièrement congestionné aux heures de pointe.

Comment est organisé le test de la fermeture du pont de pierre ?

La fermeture du pont de pierre aux seuls véhicules motorisés, répond à une volonté d’apaisement de la circulation automobile dans le centre historique de Bordeaux – et rive droite – ainsi qu’à un enjeu d’amélioration de la qualité de l’air. Les élus bordelais et métropolitains ont acté le fait que cette opération serait menée à titre expérimental, du 1er août au 30 septembre 2017, avec la possibilité de revenir en arrière à tout moment. Mais cette mesure pourra également être prolongée si les évaluations – en matière de flux de circulation, temps de parcours, qualité de l’air – s’avéraient encourageantes.

Cette expérimentation ne nécessite pas de travaux de voirie. La période a été choisie pour profiter de la remontée progressive du trafic entre août et septembre. Les automobilistes devraient ainsi se familiariser avec ce nouveau plan de circulation, de façon échelonnée.

Ce projet a évidemment fait l’objet d’un important travail de préparation et de concertation. Nous avons communiqué en trois temps, afin de sensibiliser les usagers au maximum : début juillet avant les vacances scolaires, fin juillet / début août au début de l’expérimentation et fin août / début septembre au moment de la rentrée. Des panneaux à message variable ont été également positionnés très en amont jusqu’à l’entrée du pont de pierre, les itinéraires de substitution ont également été jalonnés… J’ajouterai enfin qu’un suivi quotidien de cette expérimentation a été mis en place, qu’il s’agisse de comptages des deux roues sur le pont de pierre, d’évaluer les reports de trafic, de mesurer l’évolution des temps de parcours entre les deux rives en partenariat avec certains opérateurs de navigation (TomTom et Waze) ou d’évaluer la qualité de l’air dans ce secteur…

Avez-vous des projets en cours ou à venir concernant les smart city intégrant le trafic routier ?

Le programme Alienor, mené en partenariat entre l’Etat, Bordeaux Métropole et le Département de la Gironde a permis de mettre en place un dispositif -en partie opérationnel depuis fin août – de régulation dynamique des vitesses et de la congestion du trafic sur l’A63. Ce système va être progressivement étendu à la rocade bordelaise.

Bordeaux Métropole est également partenaire des projets européens « C Roads » et « C The Difference » qui visent à tester des dispositifs qui apportent des informations utiles aux automobilistes et leur permettent d’adapter leurs vitesses et/ou leurs trajets.