Gestion intelligente du trafic : des métiers en mutation

Bordeaux : plus de quarante ans de régulation de la circulation urbaine

Dans les années 1970, les grandes agglomérations françaises étaient confrontées à des problèmes liés à une circulation automobile exponentielle. Parmi elles, la Communauté Urbaine de Bordeaux (CUB) a développé une approche expérimentale de la gestion du trafic, à l’initiative de Jacques Chaban-Delmas, le maire d’alors.

Cette démarche était motivée par l’absence de réponses techniques convaincantes de la part des industriels, à l’époque leaders en la matière. Il en a résulté un système « maison » de régulation du trafic en temps réel, une première, mais surtout une culture d’innovation dans ce domaine. Aujourd’hui, celle-ci se traduit entre autres par la participation à trois programmes européens.

Compass4D

Entre 2013 et 2016, Bordeaux a participé à cette opération portant sur le test d’un système coopératif en matière de déplacements. Des capteurs ITS-G5 installés le long de 15 voies permettaient aux conducteurs de recevoir en temps réel des informations sur les conditions de circulation : conseils de vitesse, accidents, travaux… A Bordeaux, 120 conducteurs étaient concernés par l’expérimentation.

C-The Difference

Lancé en 2016, pour deux ans, ce programme vise à élargir le périmètre d’utilisation de Compass4D, tout en développant des services numériques connectés véhicule/infrastructure. Ces services incluront notamment l’incitation au report modal vers les parcs-relais. L’objectif est de rassembler plus de 1 000 utilisateurs professionnels et privés.

C-MobILE

Se déroulant entre 2017 et 2020 et réunissant collectivités, entreprises et universités, C-MobILE (Accelerating C-ITS Mobility Innovation and depLoyment in Europe) vise à renforcer la sécurité sur les routes, en particulier en milieu urbain et pour les usagers les plus vulnérables. Dans cette optique, le programme s’appuie sur le déploiement des C-ITS (Cooperative Intelligent Transport Systems).

Paroles de pro : « Apporter une information dans les véhicules connectés »
« Pendant longtemps, la gestion du trafic était un travail de l’ombre, dont seule la régulation des feux était visible, observe Eric Franceries, Directeur général délégué de Gertrude SAEM. A présent, il y a une volonté d’apporter une information et une aide à la conduite jusque dans les véhicules connectés. C’est une vraie mutation de nos métiers. »