Quand la conversion d’une entreprise au gaz bénéficie à tout un territoire

Une opportunité pour des projets de mobilité GNV ou d’injection de biométhane

Entretien avec
Romain Verles,
Chargé de mission « Développement »
GRTgaz
gestionnaire du réseau de transport de gaz

De plus en plus d’entreprises se convertissent aujourd’hui au gaz naturel. Quels sont leurs objectifs en s’engageant dans une telle démarche ?

Le gaz s’est imposé comme une référence dans le secteur industriel autour d’un faisceau d’atouts : sa flexibilité d’utilisation, sa fiabilité, ses performances, son moindre impact environnemental ou encore les gains technico-économiques générés. Nous avons récemment, par exemple, accompagné une laiterie dans sa transition depuis le fioul. Entre les gains de rendement, les coûts de consommation moins élevés et une fiscalité plus favorable, le temps de retour sur investissement du changement de leur imposante chaufferie a été inférieur à 6 mois.

Mais que fait GRTgaz pour faciliter l’accès au gaz ?

Afin de permettre au plus grand nombre de bénéficier des avantages du gaz, nous avons mis en place une nouvelle tarification concernant l’accès à nos ouvrages. Celle-ci se traduit par une remise sur les tarifs de raccordement allant jusqu’à 50 % en contrepartie d’un engagement de consommation sur plusieurs années. Les économies peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros. Au-delà des atouts pour l’entreprise, la conversion au gaz peut aussi constituer une opportunité pour développer des projets de territoire. Aujourd’hui, il est même fréquent qu’un projet initié par un industriel trouve des débouchés en matière de mobilité GNV ou d’injection de biométhane, produit à partir de déchets issus du territoire.

Comment les gestionnaires de réseaux intègrent-ils cette production délocalisée de gaz renouvelable ?

Tout d’abord, soulignons que l’injection de biométhane permet la mise en place de boucles courtes de production et de consommation. A un niveau plus global, les gestionnaires sont confrontés à la question du maintien de l’équilibre entre production et consommation. Dans ce cadre, nous menons actuellement un projet d’expérimentation smart grid « gaz », West Grid Synergy, autour notamment d’installations de rebours. Il s’agit de stations qui, en cas de surproduction, captent les surplus de gaz sur le réseau de distribution pour l’injecter dans le réseau de transport. Deux démonstrateurs rentreront en service en Vendée et dans le Morbihan en 2019. D’ici 2025, l’objectif est d’en déployer une trentaine.

Plus d’info www.grtgaz.com