FIRMUS Un digestat traité par techniques membranaires

firmus-fr-bitmapUn digestat traité par techniques membranaires

Des systèmes déjà éprouvés dans la gestion des effluents et des eaux grises

photo-jclInterview auprès de Jean-Christophe Lasserre, Responsable Technique de Firmus

« Obtenir une eau claire et des matières minérales, valorisables sous forme d’engrais. »

La méthanisation des matières organiques génère un digestat. Que devient ce sous-produit ?

img_1694Il est généralement valorisé sous sa forme brute, par le biais d’un plan d’épandage. Mais ce débouché présente plusieurs inconvénients. Tout d’abord, il est nécessaire de disposer de grandes surfaces agricoles. Il impose également de stocker d’imposants volumes sur de longues périodes. En outre, l’exploitant agricole devra composer avec des calendriers d’épandages de plus en plus resserrés. Il y a aussi des contraintes météos, en sachant qu’il est interdit d’épandre en cas de pluie. Des alternatives sont envisageables avec des solutions qui permettent de séparer les matières solides et liquides du digestat.

Cela semble intéressant dans la mesure où celui-ci est constitué de 80 à 90 % d’eau. En quoi consistent ces solutions ?

Il s’agit d’obtenir à la fois une eau claire, pouvant être rejetée au milieu naturel, et des matières minérales qui peuvent être valorisées sous forme d’engrais. Cette dissociation est réalisable, grâce à un séparateur qui permet de récupérer une phase solide, pouvant être compostée, et une phase liquide, riche en nutriments : azote, ammoniaque, phosphate et potasse. Cette étape peut être complétée par un passage de la fraction liquide à travers des systèmes de membranes. Déjà largement éprouvés dans le domaine du traitement des effluents ou des eaux grises, ces dispositifs peuvent être déployés soit directement après le séparateur de phases, soit après un passage dans un appareil d’évapo-concentration.

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Une étude technico-économique permettra de définir une solution adaptée à chaque situation, en fonction de divers critères : la nature des intrants, le taux de matières sèches, la quantité de chaleur pouvant être apportée à l’évaporateur, etc. En cas d’évapo-concentration, la filtration membranaire sera effectuée sur un distillat d’évaporation. Le fertilisant ainsi obtenu pourra être revendu, à condition de présenter des concentrations satisfaisantes, notamment concernant l’azote. Autre avantage important : avec un tel concentrât, il n’y a pas les mêmes nuisances olfactives qu’avec l’épandage d’un digestat brut.