Cryostar, Quelles perspectives pour la géothermie profonde, en France ?

« Dans certaines régions, la production électrique de quelques MW ou la cogénération présentent des potentiels  intéressants»
Bruno Brèthes, Directeur exécutif de la division « Clean Energy » chez Cryostar

Les applications de la géothermie pour fournir de la chaleur sont désormais bien identifiées par tous. Mais son potentiel en matière de cogénération de chaleur et d’électricité reste encore plus méconnu en France. Cela s’explique notamment par une exploitation plus complexe, puisque les ressources mobilisées dans le sous-sol doivent atteindre des températures élevées (supérieures à environ 130°C). Or, il n’est pas évident de trouver de telles ressources, sans avoir à forer à des profondeurs rédhibitoires. A cet égard, la France dispose de zones où une exploitation profonde est techniquement et économiquement envisageable, comme dans le nord de la plaine d’Alsace par exemple.
« Dans certaines régions, la production électrique de quelques MW ou la cogénération présentent des potentiels intéressants, explique Bruno Brèthes, . Ainsi, le procédé séduit de plus en plus, comme en attestent les permis d’exploration récemment accordés en Alsace et dans le Sud-Ouest. Ces permis devraient aboutir à la construction de centrales dans les 5 prochaines années. En parallèle, la filière s’organise, d’autant qu’avec les sites de Soultz-sous-Forêts (Bas-Rhin) et de Bouillante (Guadeloupe), la France ne part pas de zéro pour ce type d’applications. Soultz-sous-Forêts joue même le rôle d’installation-prototype pour approfondir les recherches concernant les procédés d’exploitation dits « EGS », c’est-à-dire Enhanced Geothermal Systems. Dans les grandes lignes, il s’agit d’améliorer la circulation de l’eau géothermale en profondeur de façon à favoriser l’extraction de chaleur en surface. Dans le cas alsacien, à les réservoirs peuvent se situer à 4000 ou 5 000 m de profondeur. Le but est d’améliorer la productivité des puits, ce qui constitue un enjeu majeur en dehors des zones volcaniques. Le développement de la géothermie profonde, en France métropolitaine, est donc largement lié à ce procédé. »
Le pari d’un développement
Face aux perspectives actuelles de développement du marché national, Cryostar – fabricant de turbines pour centrales à cycle binaire – a développé une offre adaptée aux applications locales, pouvant inclure de la cogénération et reposant sur des installations de taille modeste. « Pour ce type de projet, des centrales d’une puissance de 2 à 8 MWe par turbine sont adaptées, analyse Bruno Brèthes. Dans ces ordres de grandeur, nous avons déjà fourni les turbines du site de Soultz-sous-Forêts – développant 1,5 MWe – et celui d’Unterhaching, en Allemagne, atteignant une puissance de 3,3 MWe. Nous sommes aussi en train de réaliser une turbine pour un projet de 12 MWe, en Turquie, . En parallèle à cela, nous proposons également une offre de centrals binaires complètes, avec des solutions allant jusqu’à 20 MWe. En apportant de telles réponses, nous faisons en particulier le pari d’un développement de la géothermie profonde en France, même si rien n’est encore joué. »
Cryostar
CRYOSTAR SAS
2 Rue de l’Industrie – ZI BP 48
68220 Hésingue
France