Construction passive : comment éviter les pertes d’informations entre les études et les travaux ?

Vers une intégration poussée de la conception et de la réalisation

La performance énergétique d’un bâtiment – et c’est d’autant plus vrai quand on vise des objectifs passifs – tient dans une conception et une mise en œuvre soignées. Ces deux grandes étapes font système et, en cas de dysfonctionnement, c’est un peu le paradoxe de l’œuf et de la poule…
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La faute est souvent rejetée sur l’intervenant de terrain, alors que le projet peut ne pas avoir été suffisamment préparé en amont, explique Jean-Claude Tremsal, Président de la Fédération Française de la Construction Passive. » De leur côté, de nombreux architectes et maîtres d’œuvre rapportent que les travaux n’ont pas été réalisés avec la précision nécessaire. « Sur un chantier passif, tout devrait pourtant être plus simple, car les études ont généralement été plus poussées, souligne Étienne Vekemans, Président de La Maison Passive. Certes, il peut y avoir une perte d’informations entre les études et les travaux. »
Un hiatus à gommer
Dès lors, comment gommer le hiatus pouvant exister entre la maquette et sa concrétisation ? Pour le maître d’ouvrage, la réponse peut passer dans la sélection d’une équipe de maîtrise d’œuvre qui supervisera l’ensemble de son projet. « 
Sur nos réalisations passives, nous accompagnons le client depuis les études jusqu’à la livraison du bâtiment, en passant par l’accompagnement administratif, la consultation des entreprises et une forte présence sur le chantier, explique Vincent Kempf, spécialiste de la conception de bâtiments très basse consommation. Ce travail est ensuite validé par une certification passive, réalisée par un acteur indépendant. »
On le voit, les métiers de la construction ont vocation à tendre vers une intégration poussée de la conception et de la réalisation. « 
Mais cette évolution ne doit pas impliquer une perte d’indépendance du maître d’œuvre vis-à-vis des entreprises, précise Catherine Jacquot, Présidente du Conseil National de l’Ordre des Architectes. En effet, l’intérêt de ces dernières ne coïncide pas forcément avec celui du projet. La conception doit donc demeurer un lot à part entière. De telles procédures supposent une maîtrise d’ouvrage volontaire et de qualité. » Une remarque qui fait écho à la question de la formation des porteurs de projets, fréquemment soulevée par les observateurs de la construction passive. Mais ça, c’est une autre histoire…

Sources : Fédération de la construction Passive, Agence KMO, Conseil de l’ordre des architectes