Centrale biomasse : s’inscrire dans une gestion durable des ressources en bois

Centrale biomasse : s’inscrire dans une gestion durable des ressources en bois

 

Une responsabilisation de la filière, depuis le forestier jusqu’au consommateur final

 

L’émergence de la biomasse pour le chauffage collectif constitue aujourd’hui une nouvelle donne dans la filière bois, en venant créer une demande supplémentaire. Ces nouveaux débouchés impactent la gestion des forêts françaises. « Quel qu’en soit l’usage – construction, ameublement, papeterie, emballage ou chauffage –, la consommation de bois doit intégrer la préservation de la ressource forestière à long terme, souligne Stéphane Marchesi, Secrétaire général de PEFC France. »

 

Une gestion raisonnée depuis l’amont…

 

Concernant le chauffage, la biomasse est généralement issue de bois frais ou de connexes de l’industrie. La demande croissante dans ce domaine a également incité les forestiers à valoriser les menus bois. « Jusqu’alors, les branches étaient laissées sur place, ce qui permettaient d’enrichir les sols, tout en favorisant la biodiversité, explique Stéphane Marchesi. Des recherches sont en cours pour déterminer l’impact éventuel du prélèvement du menu bois sur cette biodiversité. » De son côté, l’ADEME a édité un guide pour la gestion raisonnée des rémanents.

 

… jusqu’à l’aval

 

Au niveau des centrales biomasse, les exploitants peuvent s’assurer que leur combustible intègre bien une chaîne de production vertueuse. « Chaque année, les producteurs de biomasse certifiés PEFC sont audités, afin de s’assurer que leurs produits valorisent bien des ressources elles-mêmes certifiées issues de forêts gérées durablement ! » précise Stéphane Marchesi. » Les pouvoirs publics jouent également un rôle de responsabilisation des exploitants de centrales, en conditionnant l’attribution de subventions à la part de consommation de produits certifiés.

 

Encadré

 

Paroles de pro

 

Une centrale aux approvisionnements réfléchis

 

La centrale Kogeban, à Nesle (80), brûle jusqu’à 27 t de bois par heure. Une consommation qui a nécessité un plan d’approvisionnement des plus réfléchis. « Sur cette unité, les plaquettes sont produites à partir de connexes de l’exploitation forestière du bois d’œuvre et de sous-produits de scierie, explique Patrick Meyer, Gérant de Vecoplan/TBM. Ces sous-produits, récoltés dans un rayon de 150 km, sont valorisés dans le respect d’une gestion durable de la ressource. »