mobiliser le potentiel énergétique du biogaz issu de déchets

Biome Comment mobiliser le potentiel énergétique du biogaz issu de déchets ?

Des solutions de valorisation compatibles avec des taux de méthane de 20 à 25 %

Pierre Baudoux, Commercial chez Biome

« La valorisation permet aussi une réduction de la taxe sur les activités polluantes »

Réglementairement, les gaz issus de déchets en centre d’enfouissement doivent être détruits ou valorisés. Entre ces deux finalités, comment le choix s’opère-t-il ?Biome

Biome : Quand les volumes de gaz et les teneurs en méthane ne sont pas suffisants, la solution classique est la combustion par une torchère. Cela permet de répondre aux exigences concernant les rejets de gaz à effet de serre et les nuisances olfactives. Lorsque la quantité et la qualité de biogaz le permettent, l’exploitant peut envisager une valorisation énergétique. C’est souvent le cas avec des déchets présentant une grande part organique. Le biogaz peut alors présenter un taux de méthane allant jusqu’à 50 ou 55 %, ce qui permet d’alimenter un cogénérateur ou une chaudière.

Une valorisation est-elle envisageable avec des taux de méthane inférieurs ?

BiomeBiome : Oui, nous avons justement développé deux solutions compatibles avec des taux de 20 à 25 %. La première est un système qui permet d’utiliser de l’énergie thermique pour évaporer des eaux traitées qui ne peuvent pas être rejetées au milieu naturel. La seconde consiste à récupérer la chaleur des fumées – atteignant 800°C – pour produire de l’eau chaude. Au-delà de la mobilisation d’un gisement de chaleur, les solutions de valorisation permettent aussi à l’exploitant d’être éligible à une réduction de la taxe générale sur les activités polluantes. Une baisse qu’il pourra répercuter sur le prix de traitement proposé à ses clients. Pour être éligible, un site doit valoriser 75 % du biogaz produit sur l’année.

Quelles sont les évolutions actuelles concernant la nature des déchets qui conditionne directement la composition du biogaz ?Biome

Biome : La part des déchets industriels augmente, par rapport aux résidus organiques. Nous avons ainsi constaté une croissance du H2S avec un facteur dix, sur les dix dernières années. Afin d’abattre ce composé, nous avons développé une tour de désulfuration. Avec cette solution, le moteur de cogénération est durablement protégé d’une dégradation accélérée. La tour peut aussi être déployée sur une torchère, afin d’abattre le SO2 présent dans les fumées. Sur de gros sites, elle est donc intéressante en remplacement du charbon actif, plus onéreux en termes d’exploitation.

Plus d’infos : www.biome.fr

Propos recueillis par Nils Bruder