Autoconsommation

Autoconsommation ou le rôle des ENR dans la performance énergétique

Photovoltaïque : légères éclaircies pour une filière qui a perdu près de 15 000 emplois, ces trois dernières années

Après un démarrage explosif, porté par le Grenelle de l’environnement, la filière française du photovoltaïque a subi un coup d’arrêt, à partir de 2010, avec les mesures gouvernementales de révision des tarifs d’achat et le moratoire sur les grosses installations. Ainsi, selon l’ADEME, le secteur qui représentait 32 500 emplois en 2010 n’en comptait plus que 18 000, deux ans après. C’est dans ce contexte que Delphine Batho, ministre en charge de l’énergie, a annoncé, le 7 janvier dernier, des mesures visant à atteindre le développement annuel d’au moins 1 000 MW de projets solaires, grâce à de nouveaux appels d’offres et une bonification du tarif d’achat.
Cet objectif constitue un doublement des volumes cibles, fixés jusqu’alors. Cependant, le calendrier des appels d’offres pour les installations au-delà de 250 kW, portant sur 400 MW au total, ne suppose pas d’attributions avant mars 2014. D’ici là, le gros du développement – 400 MW, également – devrait se faire autour des projets inférieurs à 100 kW, grâce à une revalorisation de 5 % des tarifs de rachat pour les installations en intégration simplifiée et d’une bonification jusqu’à 10 % pour les opérations réalisées avec des modules de fabrication européenne (à compter du 1er octobre dernier). Depuis cette date, le tarif en « non intégré » baisse, quant à lui, de 20 %.
Les professionnels jugent ces mesures globalement encourageantes, mais face à cette valse lente de mesures et de contre-mesures, certains s’en remettent à la notion d’autoconsommation pour développer la filière photovoltaïque. « La revente n’est plus aujourd’hui la seule motivation pour se lancer dans un projet solaire et de plus en plus d’opérateurs souhaitent produire leur propre électricité, explique Laurence Rey, Responsable France chez K2 Systems ». L’émergence d’une telle approche devrait contribuer à rendre le marché français du photovoltaïque moins sensible aux fluctuations réglementaires. Un vœu pieux formulé par une filière plutôt malmenée ces dernières années.

Par Nils Bruder pour Valeur énergie